Thèmes de recherche

Axe Finance-Comptabilité

Sous-Axe Banque, Finance des marchés et gestion des risques

Le sous-axe "Banque, Finance des marchés et gestion des risques" rassemble 6 professeurs, 4 maîtres de conférences et 7 doctorants. Les thématiques abordées sont les problèmes de mesure de performance, de mesure des risques ou des mesures d’asymétrie d’information ainsi que certains aspects du comportement des investisseurs. Les questions sont ici abor-dées avec une perspective "marché" ou "banque" et visent à améliorer les connaissances en termes d’évaluation d’actifs financiers ou de contrôle des risques. Certains membres de cette équipe participent, ou ont participé au cours de ce quadriennal, à l’élaboration des bases de données financières de l’UMS Eurofidai, dont Patrice Fontaine est le directeur.

Sous-Axe Finance socialement responsable

Le sous-axe "finance socialement responsable" s’est développé depuis une dizaine d’années sous l’impulsion notamment d’Isabelle Girerd-Potin, Pascal Louvet, Denis Dupré et Sonia Jimenez-Garcès. 3 Professeurs, 2 Maîtres de Conférences et 6 doctorants sont fortement impliqués dans ce champ de recherche. Le partenariat entre le CERAG et l’agence de nota-tion sociale VIGEO permet aux membres du sous-axe d’obtenir les notes "éthiques" des en-treprises et des Etats élaborées par VIGEO en échange d’une participation au comité scienti-fique de cette agence. Cette collaboration a permis une production régulière des chercheurs du sous-axe, publiée dans de bonnes revues internationales (par exemple [ARCL 10 et 11]). Elle a permis aussi à M.-H. Bihr d’effectuer la partie empirique de sa thèse soutenue en 2009 et à des doctorants actuels de valider/invalider leurs hypothèses.

Sous-Axe Information financière et non-financière

Les travaux de cette équipe de recherche – qui rassemble environ dix enseignants-chercheurs et cinq doctorants – ont vocation à contribuer aux débats sur la préparation, la validation (audit), et l’analyse des états financiers et extra-financiers publiés par les sociétés. Autrement dit, il s’agit d’éclairer le législateur ou le normalisateur, en évaluant les consé-quences de certaines réglementations, le plus souvent dans une approche coûts-bénéfices. Les questionnements abordés sont variés, et s’agencent autour de quatre principaux objets ou thèmes de recherche : la normalisation comptable internationale, l’information RSE, l’audit statutaire, et le comportement des analystes financiers. 

Les travaux sur la normalisation comptable portent essentiellement sur les conséquences de l’adoption (obligatoire) des normes IFRS par l’Union Européenne, et notamment sur la quali-té des résultats publiés par les sociétés cotées. Ceux portant sur l’information extracomp-table (i.e., RSE) s’intéressent au niveau de publication des sociétés à travers divers contextes spatiotemporels. Il y est question en particulier du cas de la France par rapport à d’autres pays moins régulés en la matière, ou encore de l’effet du passage aux IFRS sur la divulgation d’informations environnementales. Globalement, ces études contribuent aux débats sur la normalisation de la préparation des rapports financiers et extra-financiers.

 

Suite aux préoccupations émises par le régulateur européen (p. ex. le Livre Vert de 2010), les recherches en audit s’intéressent principalement à la concentration et à la dynamique du marché d’une part, et au contenu informationnel du rapport d’audit statutaire d’autre part. Il y est question, par exemple, de l’impact du passage aux IFRS sur la concentration et les honoraires perçus par les auditeurs en Europe ; ou de la dynamique du marché français pris comme "laboratoire" de co-commissariat aux comptes (joint audit). Les recherches en cours sur le rapport d’audit utilisent également le contexte français pour évaluer l’apport informa-tionnel des "justifications des appréciations" que doivent formuler les commissaires aux comptes. Enfin, les travaux sur le comportement des analystes examinent, notamment, les effets de réglementations financières européennes comme la Market Abuse Directive (MAD) sur le comportement des analystes financiers, ou sur la liquidité des marchés actions. Ils mettent en évidence des effets positifs de cette directive sur ces deux aspects. Globalement, ces études contribuent aux débats sur l’opportunité de réguler la mission ou le comporte-ment des intermédiaires du processus de reporting financier que sont les auditeurs ou les analystes.

Axe Gestion des Ressources Humaines

Sous-Axe Comportement organisationnel et gestion des tensions

 

Un deuxième ensemble de travaux s’intéresse aux comportements individuels et collectifs dans l’organisation. Bien entendu, comprendre les comportements dans les organisations vise in fine à éclairer les pratiques de gestion des ressources humaines. La différence avec le thème précédent est avant tout une affaire d’angle d’attaque du sujet mais aussi d’appareillage théorique, plus centré sur l’individu. Les cadres d’analyse mobilisés sont ceux des tensions de rôle, la gestion des paradoxes, de la théorie de conservation des ressources, du contrat psychologique, et les différentes approches de l’identité. Notons qu’avec le déve-loppement de ces thématiques, les approches qualitatives globalement privilégiées sont en-richies de la mobilisation des équations structurelles.

Thème 1 : La santé face à la gestion

La santé est très fortement représentée dans ce thème et apparait comme fédératrice de l’équipe. Elle se décline sous l’angle des comportements dans les organisations de santé en particulier liés à l’hybridation des rôles qui crée des tensions et les ambiguïtés, ainsi que sous l’angle de la santé mentale au travail en particulier sous l’effet des tensions de rôles. Le sec-teur public est très présent dans nos études (collectivités locales, université, hôpital). 

Les professionnels de santé aux prises avec la gestion. 

Un travail important a été mené autour des évolutions de rôles des médecins à l’hôpital amenés à s’approprier des tâches de gestion conduisant à s’intéresser aux transitions identi-taires, aux tensions de rôles, au rôle des instruments de gestion dans l’appropriation des rôles (F. Burellier, N. Commeiras, A. Valette). [ARCL – 110, 115, 122, 128]. Les médecins ges-tionnaires "font" de la gestion alors même que leur identité reste très médicale. De manière plus précise les résultats montrent qu’entre l’identification au rôle et la des-identification, on observe des identifications conflictuelles et des identifications neutres qui ont des effets inattendus sur les pratiques. Par ailleurs, a été montré que les effets de la pression budgé-taire sur l’implication organisationnelle et sur l’implication affective dans le service public sont différents selon les sources de pression et leur objet. Enfin, les stratégies d’ajustement déployées par les cadres de santé pour faire face aux tensions de rôles ou les pratiques de gestion de projet "ordinaire" pour fabriquer de "l’organisation" dans une activité quoti-dienne sous pression ont aussi été étudiées. Il a été montré que les stratégies d’ajustement sont différentes selon les formes de tension de rôle. Il a été aussi mis en évidence l’importance des tiers dans la conduite de projet "ordinaire". 

Ces travaux faits en collaboration étroites avec des CHU, prennent place dans une réflexion plus globale sur la fabrication du médico-économique qui a entre autre, donné lieu à un Workshop en 2012. Elle se fait au sein d’un réseau de chercheurs français (ESCP; KEDGE, Université de Nantes, EHESP) et québécois. Elle permet une participation active aux activités d’ARAMOS. 

 

La gestion et ses effets sur la santé au travail 

Les travaux portent aussi sur le management de la santé et de la sécurité au travail (E. Abord de Chatillon, N. Commeiras, P. Nesta, I. Salmon). Ce thème de recherche prend de l’ampleur (3 thèses en cours, 1 démarrera en septembre 2014, création d’une chaire en 2013). Il s’intéresse aux conditions de l’émergence de la souffrance et de la santé au travail, mais aussi à l’interaction entre les dispositifs organisationnels et les modalités du bien-être au travail. En plus des études faites sur le personnel de santé présentées plus haut, les facteurs de stress ont été étudiés chez les enseignants-chercheurs, dans le secteur de l’hôtellerie, auprès des chefs de rayon de la grande distribution. Le lien avec l’implication a été fait sur un certain nombre de recherche. Elles montrent que l’effet potentiellement protecteur de l’implication affective sur le mal être protège du mal être jusqu’à un certain seuil et plus pré-cisément jusqu’à sa transformation en identification organisationnelle. L’implication organi-sationnelle peut donc coexister alors avec des situations de mal être au travail.

Thème 2 : Comportement de carrière

Poursuivant un thème présent dans le dernier quadriennal, des recherches ont été dévelop-pées ou sont en cours de développement sur les carrières. En plus des travaux sur les car-rières des ingénieurs-chercheurs impliqués dans les pôles présentés dans le thème 1, ont en particulier été étudiés les comportements de carrière des enseignants chercheurs. Un pre-mier travail s’est intéressé aux représentations de la promotion (A. Valette) [ARCL - 15]. C’est une occasion de s’intéresser aux modes d’interaction entre la "structure" et "l’agency" et de théoriser sur les processus de construction de trajectoire dans le temps. Un travail doc-toral en cours (C. Gatignol) s’intéresse aux trois formes de mobilités, géographique, verticale et fonctionnelle et regarde dans quelle mesure les enseignants chercheurs lient ces mobilités (ou ces non-mobilités) aux transformations des politiques scientifiques et universitaires. La réflexion sur les carrières et leur théorisation est inscrite dans la communauté nationale sur les carrières (groupe thématique AGRH) et internationale par une participation répétée au colloque EGOS. 

Ont aussi été développées des recherches sur la gestion des seniors en partenariat avec une grande banque sur les mesures d’aménagement des fins de carrière (J. Y. Juban, ARCL - 74). Elle devrait se poursuivre par une collaboration avec l’UIMM de Drôme-Ardèche. A l’autre extrémité de la carrière, toujours dans le secteur bancaire, N. Commeiras [ARCL - 71] s’est intéressée aux pratiques organisationnelles de socialisation des apprentis, considérés en situation de pré-recrutement. Elle met en évidence le rôle clé, et donc variable, des tuteurs.

Sous-Axe Transformation des pratiques de gestion des ressources humaines

Un ensemble de travaux de l’axe porte sur l’étude de l’évolution des pratiques et des outils de GRH. L’évolution de ces pratiques est tirée par des enjeux économiques comme l’innovation, des enjeux sociaux comme le vieillissement des salariés ou la prise en compte de caractéristiques culturelles et des enjeux politiques comme la transformation de la ges-tion publique. Les recherches sont qualitatives et se caractérisent pour la plupart d’entre elles par une collaboration forte avec les acteurs économiques (en particulier le pôle de compétitivité Minalogic, les syndicats patronaux, la confédération générale des scops, les DRH d’entreprises). Si les méthodes sont plutôt classiques, certaines recherches ont toute-fois donné lieu à une réflexion méthodologique spécifique, sur le cadre d’analyse narrative à partir du concept de mise en intrigue de Paul Ricoeur (1983), (Corbett) [ARCL – 73], sur la transformation de l’engagement du chercheur au cours d’une recherche ethnographique (Corbett) [ARCL - 116] ou encore sur l’approche coopérative (Defelix et al.) [ARCL – 222]. L’innovation est un thème dominant de ces travaux.

Thème 1 : GRH et Innovation

Ce thème rassemble des recherches portant sur l’analyse des pratiques de GRH innovantes et originales et sur les pratiques de GRH dans un contexte d’innovation. 

Les pratiques de GRH innovantes. L’activité lancée au cours du quadriennal précédent sur la gestion des ressources humaines et les pôles de compétitivité s’est poursuivie. Elle s’élargit en se développant autour de l’émergence d’une GRH inter-organisationnelle. Il s’agit de re-pérer et d’analyser des dispositifs de GRH inter-organisationnelle qui se développent dans les pôles de compétitivité considérés comme des réseaux territoriaux d’innovation en souli-gnant et explorant les enjeux ressources humaines sous-estimés. Ceci conduit à analyser les différentes figures de territorialisation des pratiques de gestion des ressources humaines (politiques d’emploi concertées, ouverture du marché interne de l’emploi au territoire, pré-servation des compétences-clefs, gestion territoriale des emplois et compétences). L’économie de la proximité est un des cadres d’analyse mobilisé. (L. Calamel, I. Mazzili, D. Retour, C. Defelix) [ARCL – 111]. Plus récemment, prenant en compte le caractère structurel-lement hybride de certaines organisations nécessitant de renouveler les pratiques de GRH par rapport aux grands standards, un travail a été entrepris avec l’Union Régionale des Scops et la Confédération Générale des Scop sur le renouvellement de leurs pratiques de GRH. (J.Y. Juban) [CSA – 101].

 

La GRH au service de l’innovation. Depuis 2011, l’analyse des pratiques de GRH des PME in-novantes fait l’objet d’un contrat de recherche avec le Fonds pour l’Innovation dans l’Industrie (F2I) de l’UDIMEC Isère. La question initiale, quelles sont les pratiques de gestion des personnes clés pour l’innovation dans les PME a évolué vers une interrogation plus large sur les pratiques de GRH des PME innovantes. Plus précisément, le travail en cours cherche à comprendre la dynamique entre stratégie d’innovation et pratiques de GRH en contexte PME où par définition la fonction RH est peu formalisée. (C. Defelix, V. Gallego, I. Corbett) 

Sur le même thème, des recherches ont été conduites sur la GRH des experts et des per-sonnes innovantes. A mi-chemin entre le thème 1 portant sur l’évolution des pratiques de GRH et le thème 2 portant sur le comportement organisationnel, ces travaux s’intéressent aux comportements des experts dans un contexte innovant (gestion de projet, système d’information de gestion des connaissances, pôle de compétitivité..). I. Corbett [ARCL – 117] regarde ainsi comment la mise à disposition virtuelle des savoirs via le dispositif de gestion des connaissances entraine une mise à distance physique des experts qui remet en cause les dynamiques identitaires des experts et risque de fragiliser la dynamique des savoirs dans l’entreprise. Ces recherches ont été l’occasion de travailler sur le concept de bricolage. A. Valette et J. D. Culié [CSA – 86] [CSA – 87] étudient la manière dont les ingénieurs-chercheurs appartenant à des clusters se projettent dans leurs carrières. Si la mobilité inter-organisationnelle choisie est effectivement stimulée (ce qui est un résultat attendu), l’appartenance au cluster et la spécialisation technologique qu’elle entraine favorise aussi le maintien dans les organisations, voulu ou contraint, ainsi que des mouvements de fuite hors du cluster.

Thème 2 : La gestion des compétences

L’enjeu de l’évolution des compétences structure bon nombre de recherches. Après avoir observé et analysé l’introduction de démarches compétences dans des univers organisation-nels variés, C Defelix a contribué à la capitalisation et la modélisation des "processus d’instrumentation" de gestion des compétences, puis à l’élargissement du concept de com-pétence aux niveaux collectif, organisationnel et inter-organisationnel. Ce thème a été tra-vaillé au sein de la communauté de recherche francophone (en particulier groupes théma-tiques AGRH, GDR CNRS "Gracco") mais aussi en lien avec les recherches latino-américaines (traduction et présentation au Brésil du dernier ouvrage collectif sur cet axe). Y. Egnongo, dans son travail doctoral, s’intéresse à la transformation des outils de gestion des compé-tences, conçus dans un contexte français, lorsqu’on cherche à l’implanter dans un contexte culturel autre, en l’occurrence, le Gabon. S. Jarnias [ARCL - 223] a étudié les transformations des compétences engendrées par les mouvements de restructuration à la poste. V. Gallego [ARCL – 120, 121] a montré comment le développement des compétences pouvait être une alternative à la délocalisation des PME.

Axe Marketing

Sous-Axe Relations aux marques et aux enseignes

Le leader de ce sous-axe chez les enseignants-chercheurs actuellement membres titulaires est le professeur Pierre Valette-Florence qui a, depuis de nombreuses années, exploré des problématiques inhérentes aux marques et introduit en France des concepts comme la per-sonnalité de marque et l’amour pour la marque qu’il continue à approfondir [ARCL 25, 41, 191]. Il a aussi permis le développement d’outils de mesure adaptés (échelle de mesure de la personnalité de la marque ou de l’amour pour une marque, par exemple) et l’amélioration d’outils existants, en collaboration parfois avec d’anciens doctorants du CERAG comme Noël Albert ou Laure Ambroise ayant soutenu avant 2009 [ARCL 232, 299, 300, 26]. Il a aussi élargi les terrains d’application de la métaphore de la personnalité aux villes et aux destinations touristiques [ARCL 192, 193] et s’est également intéressé aux relations de fidélité aux marques dans le contexte spécifique de la santé et du fitness. De même, il a porté l’attention non seulement sur les marques des fabricants mais aussi sur les marques des distributeurs [ARCL 200]. Il est suivi par plusieurs enseignants-chercheurs dont les travaux principaux por-tent sur des questions de comportement du consommateur par rapport aux marques (et plus généralement aux enseignes ou aux entreprises), ou sur des questions de stratégies de marques. 

 

Il est ainsi rejoint dans ce sous-axe par Fanny Magnoni qui s’intéresse notamment aux ques-tionnements liés aux extensions de marque, en particulier sous l’angle du risque que ces extensions peuvent représenter pour les marques [ARCL 199 ; OS 30], mais aussi, plus ré-cemment avec Agnès Helme-Guizon, aux relations des consommateurs avec les marques dans le contexte nouveau des médias et réseaux sociaux [ARCL 217]. Cette dernière s’attache aussi à mieux comprendre, en collaboration avec Karine Raïes (doctorante du CE-RAG ayant soutenu en 2009) les stratégies particulières de création de valeur de certaines marques dans un contexte de e-commerce [ARCL 202], de même que l’impact de la généra-tion Y sur les relations aux marques et plus largement sur le marketing [ARCL 198]. Rita Va-lette-Florence explore elle-aussi la question de la personnalité de la marque et du capital marque [COS 112, COS 113] en l’appliquant à un terrain original, celui des médias et plus particulièrement des marques de presse [ARCL 40, 42, 233 ; COS 115]. Elle s’intéresse notamment aux relations que les lecteurs de supports de presse entretiennent avec leurs ma-gazines en s’interrogeant sur une anthropomorphisation possible de ces derniers [ARCL 203]. 

Marie-Laure Gavard-Perret, en collaboration avec Karine Raïes, porte également son atten-tion sur l’intention de fidélité à la marque des participants à une communauté virtuelle de marque [37]. De même, toujours dans le contexte virtuel d’Internet, Gilles Roehrich étudie l’impact de la télé-présence sur l’attitude des consommateurs à l’égard des produits [ARCL 28]. 

 

Maud Damperat (en collaboration avec le professeur émérite de l’axe Alain Jolibert) s’est plus précisément intéressée aux dyades vendeurs acheteurs dans un contexte BtoB [ARCL 97]. Christian Guicherd a, avec elle (mais aussi avec A. Jolibert), examiné également les rela-tions de négociation entre des vendeurs et des acheteurs [ARCL 32]. Ghislaine Pellat a elle-aussi étudié le comportement relationnel des vendeurs [ARCL 99] et l’a éclairé de façon très originale au travers du prisme de la théorie de l’attachement [ARCL 201]. 

 

Pierre Valette-Florence a, de plus, initié un courant de recherche autour des marques de luxe et du luxe en général qui, au-delà de ses propres travaux [ARCL 196, COS 107], concerne aussi ceux de Fanny Magnoni [ARCL 199]. Enfin, Léopold Lessassy s’est intéressé aux rela-tions des consommateurs européens à l’égard des produits ethniques [ARCL 304]. Quelques recherches ont également été conduites afin d’examiner la pertinence de certaines straté-gies de marques ou d’entreprises et en particulier celles orientées marché [ARCL 98], mais aussi pour les mettre en lien avec la réussite des produits nouveaux et la performance des équipes de développement de nouveaux produits [ARCL 31, 33]. Toutefois, elles ont princi-palement été initiées par des enseignants-chercheurs qui, hormis Léopold Lessassy [ARCL 39], ne font plus partie aujourd’hui de l’axe marketing du CERAG (Marianela Fornerino, Christophe Haon et David Gotteland) et il est donc probable que ce courant de recherche mêlant le sous-axe Relations aux marques avec le thème "Création de valeur" et surtout avec le thème "Gestion des connaissances, des compétences et de l’innovation" s’affaiblisse à court terme. 

 

A la frontière de ce sous-axe "Relations aux marques" ont aussi été développés des travaux de recherche sur des questions de culture et d’acculturation [ARCL 194, 195, 30]. Cependant, ce courant était porté par des enseignants-chercheurs et des doctorants qui ont aujourd’hui quitté le laboratoire ou sont en position d’éméritat : Marianela Fornerino, Mounia Benabdal-lah, Alain Jolibert. Il est donc fort possible que ce courant de recherche ne soit plus soutenu dans les années à venir car il ne reçoit pas l’attention de chercheurs ou de doctorants actuel-lement présents dans le laboratoire. 

 

A contrario, les travaux de recherche qui s’inscrivent dans la perspective d’Internet et des médias et réseaux sociaux sont appelés à se développer, notamment en raison de l’accent mis sur ses sujets par le sous-groupe de travail animé par Agnès Helme-Guizon et par l’intérêt porté par les entreprises pour ces problématiques nouvelles. 

 

Parmi les doctorants actuellement inscrits, une dizaine a centré son sujet sur des probléma-tiques en lien avec la question des relations aux marques et des stratégies des marques (et plus généralement des entreprises) dans une perspective de création de valeur : Catherine ANTELMI RAVIX ; Youri GENTET, Bruno LUSSIER, Siham MOURAD, Hossein RAHMANYYO USHANLOUEI, Saeedeh REZAEE VESSAL, Barbara SEMENSATO, Miguel Angel VELAZQUEZ, Lingyi Wu et Chebli YOUNESS. 

 

D’autres ont également inscrit leur questionnement dans une logique de relations aux marques ou de stratégies de marques/entreprises mais en focalisant l’attention sur l’impact du point de vue de la capacité d’innovation : Fernando BENIGNO NEVES ou encore du point de vue des risques possibles de résistance/réactance des individus ciblés (en l’occurrence des prescripteurs dans le domaine de la santé) : Youssef GEMAYEL. On voit apparaître ainsi un entrecroisement entre non seulement le sous-axe Relations aux marques et le thème de la gestion des risques, mais aussi celui de la santé. 

Enfin, une doctorante cherche aussi à éclairer les relations aux marques mais dans une pers-pective particulière, celle de leur effet sur le bien-être des consommateurs : Mohua ZHANG

 

Parmi les doctorants ayant soutenu dans l’année ou sur la période considérée, six ont déve-loppé un sujet pouvant donner lieu à court terme à des co-publications10 avec leur directeur de thèse ou avec d’autres auteurs de l’axe Marketing sur des thèmes reliant marques et création de valeur : Danilo CORREA DANTAS, Qifeng GONG, Thi Ming Hang LE, Karine RAIES [ARCL 37], Hyane TRIGUEIRO (†)

Deux autres ont réalisé un travail de thèse plaçant la problématique de la relation aux pro-duits/marques/entreprises dans un contexte spécifique, celui de la santé : Christian-Eric MAUFFRE et Sabine BOESEN-MARIANI.

Sous-Axe Marketing social et sociétal

Le leader de ce sous-axe "Marketing social et sociétal" chez les enseignants-chercheurs ac-tuellement membres titulaires est le professeur Marie-Laure Gavard-Perret. Ce sous-axe s’est développé beaucoup plus récemment que le courant de recherche historique autour de la relation aux marques. Il compte par conséquent un nombre beaucoup plus faible de publi-cations et mobilise un moins grand nombre de chercheurs. Ce sous-axe croise largement le thème transversal autour de la question de la santé et du bien-être ainsi que celui relatif au Développement durable et à la RSE. Divers projets de recherche ainsi que des thèses en cours ou récemment soutenues se penchent notamment sur la problématique de la com-munication préventive en santé ou des communications incitatives dans le domaine de l’environnement. Les articles emblématiques de cette tendance sont celui de Marie-Laure Gavard-Perret avec deux doctorantes de l’axe ayant soutenu entre 2009 et 2014 (Sabine Boesen-Mariani et Stéphanie Berthaud Verfay) et une autre doctorante de l’axe ayant sou-tenu avant 2009 (Carolina Werle) au sujet de la prévention de l’obésité auprès des adoles-cents [ARCL 43] ainsi que celui co-écrit avec Sabine Boesen-Mariani sur l’orientation régula-trice [ARCL 2], concept particulièrement utile en marketing et plus spécifiquement en mar-keting social ou sociétal afin d’agir de manière plus efficace sur les motivations des cibles visées par des actions de prévention ou d’incitation. Pierre Valette-Florence a lui-aussi déve-loppé cette thématique en s’attachant notamment à comprendre l’impact des émotions négatives pour lutter contre l’obésité [COS 114]. Ping Lei inscrit également ses travaux dans ce courant en s’intéressant (avec le professeur émérite Alain Jolibert) aux relations entre qualité, satisfaction et fidélité dans le contexte très particulier des services de santé [ARCL 36]. 

D’autres enseignants-chercheurs ont concentré leur attention sur la relation entre le marke-ting social ou sociétal et la gestion du développement durable et de la RSE, à l’instar de Gil-das Barbot qui s’est interrogé sur l’utilité sociale des banques [ARCL 301] ou de Pierre Va-lette-Florence qui a cherché à identifier l’impact de la RSE sur l’engagement organisationnel [ARCL 29 et COS 111]. Concernant la relation entre certains de ces aspects et la création de valeur, Jean-Luc Giannelloni s’est penché sur la question de la prise en compte de l’environnement naturel dans les services et a proposé un nouvel instrument de mesure à cette fin [ARCL 38] ainsi que sur la contribution des attributs verts à la satisfaction des con-sommateurs [ARCL 100]. 

 

Au total, 7 articles en revues à comité de lecture et un chapitre ont été publiés en rapport avec le sous-axe Marketing social et sociétal par les enseignants-chercheurs actuellement titulaires. Il est encourageant de constater que 6 d’entre eux sont en revues classées et que 5 sur 6 de ces articles sont en revues classées A par l’AERES ou 2 par CNRS/FNEGE. De plus, les nombreuses communications avec actes présentées ces dernières années dans les con-grès majeurs et dans les journées de recherche et workshops spécialisés sur ces thématiques laissent présager une augmentation significative des publications attachées à ce sous-axe dans un court et moyen terme. En effet, une trentaine de communications avec actes sont susceptibles de donner lieu à conversion en articles autour de ces questionnements. Cer-taines ont d’ailleurs déjà fait l’objet de soumissions en revues (cf. partie Perspectives). De plus, plusieurs projets de recherche et réponses à des appels d’offre ont été montés autour de ces questions, que ce soit dans le cadre de l’ARC 1 Santé, de la SFR Santé et Société ou par le biais de financements par des fondations dans le domaine de la Santé (Projet Wyeth/Pfizer), dont la fin de contrat était en 2009 mais qui a donné lieu à valorisation pen-dant la période 2009/2014.

 

Parmi les doctorants actuellement inscrits, cinq d’entre eux ont fait le choix de sujets orien-tés Marketing social ou sociétal : Ngoc Nhu Nguyet BUI, Eline JONGMANS, Mingzhi LIU, Ma-rie-Claire WILHELM MAILLARD et Furong YANG. Certains ont déjà communiqué dans des congrès majeurs sur ces questions (Eline Jongmans et Marie-Claire Wilhelm Maillard) et l’une d’entre elles (Eline Jongmans) est déjà à la tête d’une co-publication en revues à comi-té de lecture classée [ARCL 35] associant une des professeurs nord-américaines invitées en 2013 (Julie Irwin – USA), ce qui laisse entrevoir des perspectives de publications intéres-santes et monte le total des articles de ce sous-axe à 8. 

 

Parmi les doctorants ayant soutenu leur thèse sur la période, quatre ont rédigé des thèses qui se situent au coeur du sous-axe Marketing social et sociétal, en particulier sous l’angle de la communication préventive et incitative : Laurie BALBO, Lamya BENAMAR, Caroline LA-CROIX, Ping LEI et Stéphanie BERTHAUD VERFAY. Trois autres thèses évoquées dans le sous-axe précédent sont également proches du présent sous-axe, notamment du fait de leur application à des considérations de santé, à savoir celles de Youssef Gemayel, Christian-Eric Mauffre et Sabine Boesen-Mariani. Il est intéressant de constater qu’une de ces thèses a obtenu un prix de thèse national AFM/FNEGE ainsi qu’un Grand Prix BVA de la recherche (Laurie Balbo). De même, deux de ces doctorantes ayant soutenu dans la période considérée ont déjà été impliquées dans des articles en revues classées : Ping LEI [ARCL 36] et Stéphanie Berthaud Verfay [ARCL 43]. Nous verrons aussi dans la partie Perspectives que d’autres ayant déjà beaucoup communiqué en congrès sont actuellement dans des processus de révi-sion d’articles et/ou de soumission.

 

Sous-Axe Marketing sensoriel et expérience d’achat et de consommation

Les leaders de ce sous-axe "Marketing sensoriel et expérience d’achat et de consommation" chez les enseignants-chercheurs actuellement membres titulaires sont d’une part le profes-seur Jean-Luc Giannelloni et d’autre part la MCF Cindy Caldara. Jean-Luc Giannelloni s’est en effet intéressé à une dimension sensorielle particulière, celle relative à la perception temporelle et plus spécifiquement à la souplesse temporelle des clients dans les services [ARCL 197] et a communiqué à plusieurs reprises en congrès sur des thématiques relevant de ce sous-axe mais surtout il dirige plusieurs thèses en cours rattachées à ce sous-axe (Nico Didry, Nadia Belkaïed, Soffien Bataoui). Cindy Caldara quant à elle a investigué la question du sensoriel dès son travail de thèse soutenu en 2010. Dans une optique comparable, elle a participé à des co-publications autour de la notion de congruence multisensorielle [ARCL 4 ; COS 109, COS 110] en collaboration avec des chercheurs internationaux réputés. Elle a ainsi pu avoir une publication de rang 1 CNRS. Plusieurs de ses communications en congrès ont porté sur ce thème ces dernières années, laissant envisager une conversion en articles dans les années à venir. D’autres membres de l’équipe se sont intéressés à des dimensions senso-rielles dans le contexte de l’adoption d’innovations technologiques : Florence Jeannot [ARCL 34] et Gilles Roehrich [ARCL 303]. 

Parmi les doctorants actuellement inscrits, les trois thèses encadrées par Jean-luc Giannel-loni porte sur des thématiques en lien avec des questions de marketing sensoriel et/ou d’expérience d’achat ou de consommation : Nico DIDRY, Soffien BATAOUI et Nadia BEL-KAIED. L’un de ces doctorants (Nico Didry) a publié un chapitre sur la question de la déloca-lisation des pratiques de consommation des activités de glisse en zone urbaine avec pour objectif la mise en valeur des territoires [COS 108].

 

Parmi les doctorants ayant soutenu leur thèse sur la période, six d’entre eux ont porté leur intérêt sur des problématiques en lien avec la question du marketing sensoriel et des per-ceptions sensorielles et/ou avec celle de l’expérience de consommation ou d’achat : Cindy CALDARA, Renata FERRAZ DE SOUZA, Jessica GERARD, Julien GROBERT, Florence JEANNOT et Cyrielle VELLERA. Deux d’entre eux ont déjà publié sur le sujet : Cindy Caldara [ARCL 4 ; COS 109, COS 110] et Florence Jeannot [ARCL 34]. Plusieurs communications ont également été présentées en congrès par la plupart de ces doctorants ayant soutenu entre 2009 et 2014 et certaines ont déjà fait l’objet de soumissions en revues et/ou sont en situation de révision actuellement (cf. partie Perspectives).

Axe Systèmes d’Information et Flux

Sous-Axe Supply Chain Management (SCM)

Responsable de l’axe : Alain SPALANZANI (PR Emérite depuis 2013), puis Blandine AGERON (MCF puis PR depuis Sept 2014) depuis Sept 2013. 

Membres: Ludivine CHAZE-MAGNAN (MCF), Marie-Lyne CROIX (MCF), Karine EVRARD-SAMUEL (PR, membre du sous-axe jusqu’en mars 2013), Olivier LAVASTRE (MCF), Paul REAIDY (MCF), Salomée RUEL (Autre enseignants-chercheurs). 

Doctorants : Marcelo RAVAGNANI (3ème année), Xu WANG (4ème année). 

Ce sous-axe aborde la question du management des relations organisationnelles qui permet-tent aux entreprises d'améliorer leurs flux (physiques et d'information) dans les chaînes lo-gistiques. Le Supply Chain Management (SCM) analyse les stratégies et les organisations d’entreprises qui résultent des politiques d'externalisation. Ces décisions répondent à un enjeu de maîtrise des coûts et de réactivité dans un environnement incertain et dynamique. Les recherches menées abordent les multiples enjeux liés à la nature des flux qui caractéri-sent la chaîne logistique autour de quatre grands thèmes transversaux du CERAG (cf. figure C) : 

- La "création de valeur" : il s’agit d’étudier d’une part le rôle des systèmes d'information et des technologies de l'information dans le Supply Chain Management, et d’autre part, les processus collaboratifs, la capacité de résilience des chaînes logistiques et le rôle des systèmes d’information inter-organisationnels dans ces processus. L’objectif de ces re-cherches est d’inter-relier des concepts traités jusqu’alors de manière séparée et de sou-ligner l’intérêt des systèmes d’information dans le développement de la collaboration dans les chaînes logistiques et de leur nécessaire résilience dans un environnement in-certain. 

- Le "développement durable" : il s’agit d’étudier, d’une part, le management des fournis-seurs et la problématique de développement durable, et d’autre part, la logistique ur-baine et les modèles économiques associés à des partenariats publics-privés. 

- La "gestion des risques" liés à la chaîne logistique (SCRM : Supply Chain Risk Manage-ment) : une première étude a permis de dresser un panorama général des stratégies et des pratiques de SCRM. Le SCRM inter-organisationnel, qui est considéré comme le plus efficace pour gérer les risques liés à la chaîne logistique, est plus précisément étudié. 

- La "gestion des connaissances" dans les chaînes logistiques globales et l’apprentissage inter-organisationnel : l’objectif est de mettre en lumière les apports de la gestion des connaissances en dehors des frontières de l’entreprise et d’envisager les manières de développer ce management des connaissances dans un contexte étendu et complexifié. 

- L’"innovation" managériale dans le Supply Chain Management qui se caractérise par deux recherches : la première a proposé et construit le concept de P2I (Pratique Inter-organisationnelle Innovante) pour désigner les innovations managériales dans le do-maine du SCM. Nous avons (1) caractérisé les P2I, (2) construit des échelles de mesure pour les appréhender, (3) testé et validé un modèle de recherche pour comprendre leurs facteurs de performance. La seconde, qui porte sur l’innovation dans la gestion des en-trepôts mutualisés a pour objectif d’apporter une réflexion sur le soutien au développe-ment d’approches innovantes (organisationnelles et techniques) pour la mutualisation au sein de la chaîne logistique. 

 
 

Sous-Axe Valeurs des Systèmes d’Information pour les organisations

Responsable de l’axe : Carine DOMINGUEZ-PERY (PR) 

Membres : Sabine CARTON (MCF HDR), Marie-Lyne CROIX (MCF), Armelle FARASTIER (MCF), Marc FAVIER (PR), Lionel FILIPPI (MCF), Céline PEREA (MCF). 

Doctorants : Julien DE BENEDITTIS (3ème année), Gilbertine IKILI OSSANA (4ème année), Milena SILVA MORALES (2ème année), Aria TEIMOURZADEH (2ème année). 

Ce sous-axe a vocation à comprendre comment les TI/SI agissent comme des leviers straté-giques et managériaux pour être contributeurs de valeurs dans les organisations. Ces valeurs peuvent se décliner en termes de performance pour les organisations mais aussi sous des formes intermédiaires telle que l’innovation, la collaboration entre équipes ou encore la fa-culté, pour certaines technologies, de devenir des standards. Les TI/SI renouvèlent les pro-positions de valeurs des entreprises et amènent à inventer de nouveaux business models. 

- La "création de valeur" : ce sous-axe consiste à comprendre comment les TI/SI peuvent être des leviers stratégiques et managériaux pour créer de la valeur dans les organisa-tions. Les TI peuvent être mobilisées pour définir de nouveaux business models créateurs de valeurs (places de marché électroniques, e-commerce, smartphones, m-commerce) ou encore pour mieux coordonner des équipes projets pouvant travaillant à distance. Des travaux critiques sont également développés pour mettre en évidence comment cer-tains acteurs (éditeurs de TI/SI, organisateurs de salons professionnels) imposent des standards technologiques en articulant discours et matérialité autour de technologies à promouvoir. 

- La "gestion des risques" : il s'agit d’un projet commun avec le sous-axe 2 qui a pour but d’explorer le lien entre risques liés à la gestion de projets SI, et anticipation grâce aux si-gnaux faibles susceptibles de se manifester pendant les projets. L'objectif novateur est de proposer une méthode des risques agiles qui repose sur la détection et l'indentifica-tion le plus tôt possible de signaux faibles annonciateurs de perturbations inattendues et susceptible de mettre le projet en échec (projet "gestion de projet SI et signaux faibles", en phase exploratoire depuis avril 2014). 

- Le "management des connaissances et des compétences liées à l'innovation" : le mana-gement des connaissances et des compétences est un puissant facteur de création de va-leurs dans les organisations. Certains travaux ont mis en évidence comment l’intégration des connaissances clients dans un projet en systèmes d'information peuvent influencer l'environnement de connaissance du projet. D’autres travaux évaluent les liens entre la capacité d’absorption des entreprises et la performance des projets SI et Supply Chain. 

 

Sous-Axe Veille Anticipative et Signaux Faibles

 

Ce sous-axe aborde la question de la capacité d’anticipation des organisations grâce aux si-gnaux faibles et à la veille stratégique. Il répond à un enjeu de connaissance de l'environne-ment des entreprises pour mieux en anticiper ses évolutions, changements, risques et par-fois ruptures. Les recherches menées abordent les multiples enjeux liés aux différentes phases du processus de veille stratégique et à la nature des informations de type signaux faibles. Ils s'articulent autour de quatre grands thèmes transversaux du CERAG (cf. figure C) : 

- La "création de valeur" : il s’agit, d’une part, d’étudier la capacité des entreprises à anti-ciper en matière de droit à l'oubli numérique (projet "droit à l’oubli", 2011-2013, avec le Centre de Recherche Juridique de l’UPMF, financé par le Ministère de la Justice), et d’autre part d’étudier comment l’utilisation des médias et des réseaux sociaux peut con-tribuer à la veille stratégique et à la capacité d’anticipation d’une entreprises (projet en cours, qui a fait l’objet d’un financement de l’UPMF en 2013). L’objectif de ces re-cherches est de comprendre de manière exploratoire le rôle potentiel d'une activité de veille dans la création collective de valeur organisationnelle interne. 

- Le "développement durable" : il s'agit d'étudier et de proposer une démarche de veille pertinente au regard des objectifs et enjeux de réduction de gaz à effet de serre associés aux problématiques de transport de marchandises. Recherche transdisciplinaire, son ob-jectif est d'apporter des éléments de réponse sur comment bâtir une veille logistique du-rable pour relaver les défis du "facteurs 4" et concevoir des chaînes logistiques durables (projet "Veille Logistique Durable", 2009-2013, avec le CRET-Log Université Aix-Marseille, Labélisé par le Prédit et financé par l’Ademe). 

- La "gestion des risques" : il s'agit d'étudier d’une part comment les signaux faibles et la veille anticipative peuvent contribuer à développer la capacité à anticiper les risques fu-turs possible, et d’autre part, à explorer le lien entre risques liés à la gestion de projets SI, et anticipation grâce aux signaux faibles susceptibles de se manifester pendant les projets. L'objectif novateur est de proposer une méthode des risques agiles qui repose sur la détection et l'indentification le plus tôt possible de signaux faibles annonciateurs de perturbations inattendues et susceptible de mettre le projet en échec (projet "gestion de projet SI et signaux faibles", en phase exploratoire depuis avril 2014, en commun avec le sous-axe 1). 

- Le "management des connaissances et des compétences liées à l'innovation" : il s'agit ici de la partie centrale des recherches du sous-axe, et qui procure une visibilité de niche tant d'un point de vue national qu'international. Anticiper suppose de collecter des in-formations de type signaux faibles. De nature particulière, leur management soulève de nombreuses difficultés dans les organisations, difficultés que nous cherchons à étudier et comprendre afin de proposer des connaissances actionnables ad-hoc. 

 

Axe Management - Entrepreneuriat - Innovation

Sous-Axe Entrepreneuriat et PME

Les directeurs de recherche dans cet axe sont Jean-Pierre Boissin (IAE Grenoble) et Alain Fayolle (EM Lyon), prochainement rejoints par Bérangère Deschamps (HDR le 3 octobre 2014) qui co-encadre déjà un doctorant. George Weil est professeur de médecine, et en tant que ancien entrepreneur et également directeur du pôle OZER Entreprendre, a réorienté ses travaux sur l’entrepreneuriat. Il n’encadre cependant pas de doctorants. Marie-José Avenier, partie à la retraite depuis le 1er septembre 2014, n’accueille plus de doctorants. 

Les travaux des chercheurs s’articulent autour des thèmes suivants :

Thème 1 : Etude des fondements de l’action entrepreneuriale

L’objectif de ce thème est d’identifier les antécédents de l’action et de comprendre les mé-canismes à travers lesquels ils y conduisent. Les travaux de recherche ont été développés en s’appuyant sur différents corpus théoriques : 

- Un premier ensemble de travaux consiste en des études d’intention, à partir des théories développées en cognition entrepreneuriale et notamment de la théorie du comporte-ment planifié (TCP) d’Ajzen. Selon la TCP, l’intention d’un individu est déterminée par trois éléments : son attitude à l’égard du comportement concerné, sa perception des normes sociales et le contrôle qu’il pense avoir sur la situation. 

Les études d’intention réalisées par les chercheurs du CERAG ont eu plusieurs terrains d’application : l’intention entrepreneuriale chez les étudiants, l’intention de racheter une entreprise chez les dirigeants (en partenariat avec le Centre des Jeunes Dirigeants) et l’intention de transmettre une entreprise chez les dirigeants. 

Un nouveau travail de recherche a été démarré il y a un an et demi, dans le cadre de l’ANR Cocon, au sujet de l’intention de valorisation des résultats de recherche, chez les chercheurs des universités publiques. Un des apports de cette recherche est d’introduire de nouvelles variables au modèle historique d’Ajzen. 

Plusieurs apports ont été réalisés dans ces recherches : opérationnalisation de variables statistiques, intégration des nouveaux concepts apportés dans le champ de la cognition entrepreneuriale, apports méthodologiques. Au-delà de nombreuses implications mana-gériales, plusieurs implications ont été mises en lumière au niveau pédagogique (évalua-tion de l’efficacité d’un module sur l’intention d’entreprendre, par exemple). 

- Un deuxième ensemble de travaux vise à étudier les représentations. Deux angles d’approche sont utilisés. 

 

Le premier s’appuie sur les travaux développés en sociologie par Bourdieu, pour étudier la genèse des représentations au sein d’un champ professionnel, et la façon dont elles se transmettent dans le temps. L’apport des travaux du CERAG consiste à proposer une analyse critique de la façon dont les travaux de Bourdieu sont utilisés par les chercheurs sur ce sujet, et à montrer que le cadre d’analyse de Bourdieu n’est pas uniquement des-tiné à expliquer la reproduction des idées dans le temps ; il peut également être mobilisé pour expliquer leur transformation. 

Le deuxième angle d’approche est ancré dans la théorie des représentations sociales (Moscovici). Les apports des recherches menées au CERAG sont essentiellement d’ordre méthodologique (opérationnalisation de variables, construction d’une méthodologie d’ensemble). 

Actuellement, de nouveaux travaux sont en cours de développement concernant l’étude des représentations de la croissance chez les dirigeants de start-up. De nombreux enjeux socio-économiques sont associés à cette problématique de croissance d’entreprise. Une thèse sera soutenue d’ici fin 2014 sur ce sujet.

Thème 2 : Transfert d’entreprise

Trois séries de travaux se distinguent sur le sujet des transferts de PME 

- Les transferts externes : plusieurs chercheurs de l’axe mènent une réflexion sur les re-prises de PME réalisées par un repreneur extérieur à la cible acquise. Dans ce cadre, le processus de décision de reprendre une entreprise est revisité sous l’angle théorique des biais cognitifs des processus de décision. Le sujet des transferts externes questionne éga-lement les actions du repreneur ; notamment des travaux portent sur son rôle dans la formation de la stratégie de la PME reprise et sur sa capacité à s’approprier le réseau du cédant. Les théories des ressources et des représentations stratégiques sont mobilisées dans ces travaux, qui complètent la connaissance déjà produite sur le sujet en plaçant le repreneur au coeur du processus, en tant qu’acteur maitre du transfert. 

- Les transferts familiaux : la reprise d’une entreprise familiale fait l’objet d’une littérature à part dans la recherche sur les transferts de PME. Au CERAG, cette thématique est étu-diée sous l’angle de la succession familiale en fratrie d’une part et celui de la reprise par des enfants alors que la continuité familiale n’était pas prévue, d’autre part. Dans ces travaux, les théories mobilisées portent sur le partage du leadership et la planification des décisions. Ces recherches approfondissent les typologies de transferts. Egalement, deux éclairages portent sur les successions familiales au Japon et en Tunisie. Ces travaux montrent à quel point le transfert d’entreprises est un sujet d’actualité dans le monde entier. 

- Le transfert vu comme une pratique entrepreneuriale : deux numéros spéciaux ont été coordonnés par une chercheure de l’axe dans la revue RIPME et Entreprendre et Innover. Ces numéros spéciaux mettent au jour que le champ de recherche sur les transferts de PME se structure et qu’ils constituent une pratique entrepreneuriale spécifique. A ce titre, des chercheurs de l’axe montrent que les acteurs du transfert ont besoin d’un ac-compagnement spécifique. Les autres travaux de l’axe portant sur l'intrapreneuriat, l’esprit d’entreprise dans les organisations, le bricolage dans la gestion de projets ou dans l’action de l’entrepreneur, et les recherches sur l’entrepreneuriat de nécessité ren-forcent la spécificité et la complémentarité du transfert de PME. 

 

Sous-Axe Management de l’innovation

Les directeurs de recherche de cet axe sont Valérie Chanal (PR) , Anne Bartel-Radic, (PR), Rozenn Martinoia (MCF HDR) ainsi que Guy Parmentier (HDR soutenue le 3 novembre 2014). Huit doctorants sont ratta-chés à ce sous-axe. 

Trois thématiques se dégagent parmi les travaux sur l’innovation, les deux premiers sont engagés depuis plusieurs années, le troisième est en cours de développement.

Thème 1 : Innovation ouverte

Les travaux sur l’innovation ouverte consistent à explorer les modes d’ouverture du proces-sus d’innovation des organisations avec les fournisseurs et les clients ou les communautés. 

Du côté des fournisseurs, les critères de choix et les modes de collaboration ont été étudiés pour déterminer les bases de la performance dans le développement des nouveaux produits. L’investigation de la gestion des connaissances avec les fournisseurs, notamment dans le cycle de vie des produits, a abouti à l’identification de nouveaux processus innovation. La nécessité d’identifier le bon partenaire fournisseur pour faciliter les échanges a abouti à l’identification d’une typologie fournisseur. Ce sont essentiellement les travaux de Richard Calvi, Valéry Merminod, Natacha Tréhan qui ont nourri cette problématique avec comme résultat des publications dans R&D Management, Information & Organization, Journal of Purchasing and Supply Management, Revue Française de Gestion, Revue Française de Ges-tion Industrielle et Management & Avenir. 

Du côté de l’innovation avec les utilisateurs et les clients, les études se sont concentrées sur l’innovation avec les communautés d’utilisateurs sur internet, la création de nouveaux mo-dèles d’affaires et la gestion des droits de propriété intellectuelle. En lien avec l’axe Sys-tèmes d’information, des dispositifs techniques particuliers, Plateforme de crowdsourcing, Boites à outils d’utilisateur pour l’innovation et Focus groupe en ligne ont été investigués pour déterminer leurs rôles dans l’innovation avec les utilisateurs et le type de modèle d’affaires à mettre en place pour les organisations. Ces travaux ont été menés par Valérie Chanal et Guy Parmentier avec pour résultat des publications dans Technological Forecasting and Social Change, Management, Journal of Market Research, Management International et Creativity and Innovation Management. Ils permettent de mieux comprendre les mécanismes qui mènent à l’innovation quand l’organisation met en place des relations fortes avec des communautés virtuelles d’innovation.

Thème 2 : Business models et innovation

Différents travaux ont été menés sur les business models et l’innovation, pour certains en lien avec l’innovation ouverte (Chanal et Ayerbe dans Management International et RFG, Chanal et Caron dans Management 2010) mais également l’ouvrage collectif piloté par Valérie Chanal (Business Models dans l’Innovation, Presses Universitaires de Grenoble 2011, auquel ont contribué, aux côtés de chercheurs de la communauté de recherche grenobloise, plusieurs chercheurs de différents axes du Cerag : Marie-Laurence Caron-Fasan (axe SIF), Gilles Roehrich (axe marketing), Bérangère Deschamps (axe Management).

Thème 3 : Innovation pédagogique et pédagogie de l’innovation et de l’entrepreneuriat

D’un autre côté, des travaux sur l’innovation pédagogique ont été embrayés avec l’expérimentation de l’utilisation de jeux et la mise en place d’équipes virtuelles internatio-nales dans l’éducation au management. Ces travaux ont été menés par Anne Bartel-Radic et Alain Fayolle avec pour résultat des publications dans The Academy of Management Lear-ning and Education et Journal of Education for Business. Cette thématique de l’innovation pédagogique va être approfondie dans les prochaines années grâce au projet IDEFI Promi-sing. Un premier article a été publié par Valérie Chanal et sa doctorante Apolline Le Gall dans Humanisme et Entreprise (2014) sur l’enseignement du business model à des étudiants desi-gners. Plusieurs communications dans des colloques en 2014 (sur la pédagogie par projet, l’évaluation des innovations pédagogiques) pourront être transformées en articles de revue.